La toiture constitue la première ligne de défense d’un bâtiment contre les intempéries. Choisir les bons matériaux et respecter les normes est crucial pour assurer sa longévité. De ce fait, avant toute installation, il est important d’évaluer l’ampleur des travaux surtout concernant la NF DTU 43.3 .
Le respect des règles de l’art est essentiel pour garantir sa longévité, et la norme NF DTU 43.3. Cette norme de « Mise en œuvre des toitures en tôles d’acier nervurées avec revêtement d’étanchéité » en est la référence incontournable.
Champ d’application et version en vigueur
Applicable à la plupart des zones climatiques françaises, la norme ne s’applique toutefois pas aux zones équatoriales et cycloniques. Il en est de même pour les toitures situées en zone de montagne (altitude supérieure à 900 m). C’est également le cas pour les locaux à température contrôlée négative (chambres froides) et pour les toitures-terrasses à rétention temporaire des eaux pluviales.

La version en vigueur est l’édition de décembre 2017 intégrant l’amendement A1. Aucune révision complète n’a été publiée depuis cette date selon la liste officielle des DTU du CSTB de juillet 2025. De ce fait, toute mise en œuvre doit donc se référer à cette édition pour être conforme.
Matériaux concernés
La norme spécifie les matériaux admissibles pour ce type de toiture.
Les tôles d’acier nervurées constituent l’élément porteur principal, offrant une résistance accrue et une bonne gestion des charges.
Un pare‑vapeur est utilisé si nécessaire pour prévenir les problèmes d’humidité. Les panneaux isolants non porteurs assurent l’isolation thermique et contribuent ainsi à la performance énergétique.
Le revêtement d’étanchéité garantit la protection contre les infiltrations ; les produits admis sont l’asphalte, les systèmes bicouche à base de bitume modifié par élastomère SBS (soumis à Document Technique d’Application) ainsi que les membranes TPO (polyoléfines thermoplastiques) bénéficiant d’un Avis Technique favorable du CSTB.
Enfin, les ouvrages particuliers comme les noues, les joints de dilatation et les reliefs sont essentiels pour gérer les mouvements structurels et les variations de température.
Conditions préalables à la mise en œuvre
Avant l’installation, plusieurs impératifs doivent être respectés. La pente des versants doit être au minimum de 3 % sur plan, avec une pente réelle in situ supérieure à 1 %.

Les ossatures en charpente en acier, béton armé, bois ou murs porteurs en maçonnerie , doivent être conformes aux normes. Les charges à considérer incluent les charges de montage, les charges permanentes et les charges d’entretien.
En outre, une distance minimale d’un mètre doit être maintenue avec les ouvrages émergents voisins pour faciliter l’entretien et éviter les déformations permanentes des plaques. Cette distance peut être réduite à 50 cm pour des ouvrages unitaires de petite dimension.
Prescriptions particulières en parties courantes
Le stockage des matériaux obéit à des règles précises.
Les tôles d’acier doivent être calées en ménageant un espace pour éviter toute déformation permanente, tandis que les panneaux isolants doivent être protégés de la pluie.
Lors de l’approvisionnement en toiture, les tôles sont posées sur l’ossature, au droit des fermes ou portiques, sans endommager les ouvrages déjà réalisés.
En ce qui concerne la circulation sur la toiture, seuls les engins de manutention adaptés peuvent circuler directement sur les ouvrages réalisés ; dans le cas contraire, un chemin de circulation doit être aménagé.
Isolation thermique et réglementation énergétique
L’isolation doit respecter la réglementation en vigueur.
Pour les bâtiments non résidentiels neufs, la RE2020 s’applique depuis le 1er juillet 2022, remplaçant la RT2012. Elle impose des objectifs stricts de besoin bioclimatique, de consommation d’énergie primaire et d’émissions de gaz à effet de serre.

Les panneaux isolants peuvent être posés en un ou plusieurs lits . En cas de plusieurs lits, ils doivent être disposés en quinconce pour éviter la superposition des joints.
La première couche du revêtement d’étanchéité suit immédiatement la pose des panneaux afin de protéger l’isolant des intempéries.
Le système de fixation – rivets à expansion, vis autoperceuses ou goujons soudés – est choisi selon le type de revêtement, le nombre de lits d’isolation, la zone climatique et la nature du bâtiment.
Obligations de solarisation et végétalisation
Depuis le 1er janvier 2024, les obligations issues de la loi Climat et Résilience (art. 101, L. 171‑4 CCH) et du décret n°2023‑1208 du 18 décembre 2023 s’appliquent aux bâtiments non résidentiels neufs ou lourdement rénovés de plus de 500 m² (bureaux : plus de 1 000 m²).
Les taux minimaux de couverture par des systèmes d’énergies renouvelables ou de végétalisation sont de 30 % à partir du 1er janvier 2024, 40 % à compter du 1er juillet 2026 et 50 % à compter du 1er juillet 2027.
Ces exigences influencent directement la conception : vérification de la résistance structurelle des tôles aux surcharges (substrat végétal, panneaux photovoltaïques), choix d’un revêtement d’étanchéité compatible, et intégration des contraintes dès la phase de conception.
Ouvrages particuliers
La norme détaille la réalisation des éléments spécifiques. Les noues peuvent être centrales, traditionnelles ou de rive. Ces éléments nécessitent parfois des costières métalliques ou des tôles de liaison galvanisées.
Les joints de dilatation sont bordés de costières métalliques recevant un relevé d’étanchéité et, le cas échéant, un isolant thermique. Il faut prendre en compte l’espace entre costières peut être comblé avec un matériau isolant compressible.
Épreuve d’étanchéité
Les toitures en tôles d’acier nervurées ne sont pas adaptées aux mises en eau générales. Des mises en eau localisées sont définies dans les Documents Particuliers du Marché (DPM).
L’épreuve consiste à maintenir un niveau d’eau de 6 cm pendant trois heures sous la surveillance conjointe du maître d’œuvre et de l’entreprise.
La hauteur d’eau maximale admissible est précisée dans les DPM. Cette épreuve ne dispense pas des contrôles continus prévus au marché.
Entretien et durabilité
La durabilité des toitures dépend d’un entretien régulier. Des inspections périodiques permettent de vérifier l’état des tôles, des revêtements d’étanchéité et des ouvrages particuliers. Pour prévenir des dégradations plus importantes, toute les anomalies doivent être corrigées rapidement.
Un entretien adapté, conforme aux prescriptions de la norme, assure la pérennité de l’étanchéité et de la structure.



